Face à ces succès, le secteur n'envisage pas de s'arrêter là et ambitionne de répondre à la demande de quelque trois millions de personnes. Mais avant d'arriver à ce stade que de chemin parcouru.

La première mention de la micro-finance a été faite en 1992, lors d'une conférence organisée par l'Ecole nationale pour l'agriculture de Meknès sur la désertification.

Quelques participants ont osé franchir le pas en décidant d'en faire l'expérience dans le Moyen-Atlas en partenariat avec une association locale de Oued Srou et de proposer un premier crédit à un petit groupe de femmes. Depuis, la liste des associations de micro-crédit (AMC) ne cesse de s'allonger accompagnées de grands bailleurs : Fonds Hassan II, Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), etc.

Aujourd'hui, cette liste compte 12 AMC parmi les 20 meilleures de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) qui ont permis au Royaume d'occuper la place de leader dans la région et d'être primé par les Nations unies. «Un prix décerné au Comité national du Maroc pour ses efforts en faveur d'un engagement national vers un secteur intégrant», indique Rida Lamrini, président de la Fédération nationale des associations de micro-crédit (FNAM), qui organise du 30 novembre au 2 décembre à Marrakech, le «Premier Forum de la micro-finance».

Un rendez-vous qui devra clore l'année 2005, déclarée par les Nations unies «Année internationale du micro-crédit». Lors de ce rendez-vous, les participants discuteront notamment de la modernisation du secteur : réglementation, supervision, rating, Centrale des risques, états des lieux et perspectives, etc.

Le secteur du micro-crédit a besoin aujourd'hui de professionnaliser davantage ses activités. Rappelons que l'octroi de micro-crédit a été longtemps une composante des activités d'ONG généralistes qui ont révisé leur structure en 1999, date de l'entrée en vigueur de la loi sur le micro-crédit. Un texte qui exigeait la séparation des programmes de micro-crédit de leurs ONG mères. D'autre part, deux organes se chargent donc de veiller à la bonne marche du secteur : le Conseil consultatif du micro-crédit et le FNAM.

Mais si le micro-crédit est à l'origine de la création de plus de 2.500 emplois directs permanents et des milliers d'emplois indirects, et que la promotion du secteur aura un impact positif sur les conditions de vie des bénéficiaires, «la micro-finance ne peut constituer ni la réponse exclusive, ni la solution providentielle aux problèmes de la pauvreté et de l'exclusion sociale.

De tels objectifs supposent des politiques globales, couvrant l'ensemble de la chaîne de transformation sociale allant de l'éducation, la formation, la santé, l'emploi et le logement à l'intégration aux circuits de production», a indiqué le ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, Abderrahim Harouchi.

Ces déficits sociaux seront donc les grandes priorités de l'Initiative nationale pour le développement humain lancée par S.M. le Roi : «Elle cible en priorité les foyers de pauvreté dans les communes rurales les plus défavorisées, et les quartiers périphériques des villes et fait appel à tous les leviers de l'action sociale : l'accès aux services sociaux de base, la promotion des activités génératrices de revenus durables et l'aide aux personnes en situation de grande précaritéâ€?.

Dans ce nouveau contexte, la micro-finance est appelée à occuper une place centrale en tant que moyen de promotion de micro-entreprises et de micro-projets susceptibles de faire reculer la pauvreté et de favoriser une meilleure inclusion sociale», a déclaré M. Harouchi à l'ONU lors de sa participation au Forum international de micro-crédit sur le thème : «Pour le développement des secteurs financiers intégrants».



Rachid Tarik | LE MATIN