La promotion du tourisme à Marrakech tributaire d’une action urgente pour assainir le secteur
Par Eric MARTIN, mercredi 30 novembre 2005 à 00:08 :: Articles :: #77 :: rss
La promotion du tourisme dans la ville de Marrakech et la préservation de son image de marque sont tributaires à la fois, d’une collaboration étroite de l’ensemble des acteurs concernés et d’une intervention urgente des autorités compétentes pour assainir le secteur et trouver des solutions adéquates aux problèmes posés, a affirmé M. Abdeljalil Galiaty, président de l’Association Régionale des Accompagnateurs et Guides du Tourisme et de Montagne de Marrakech.
Certes, le secteur touristique constitue un levier du développement économique non seulement à l’échelle nationale mais aussi pour une ville comme Marrakech considérée actuellement, comme l’une des destinations les plus prisées à l’échelon mondial, mais plusieurs problèmes freinent le développement de ce secteur du fait notamment, du grand nombre d’intervenants dans ce domaine (7 associations professionnelles et 8 administrations directement liées au secteur) et de l’exercice par certains intrus de pratiques illicites et contraires aux moeurs, a ajouté M. Galiaty dans un entretien à la MAP.
Ainsi, parmi les difficultés qui étaient à l’origine de "la détérioration de l’environnement touristique dans la cité ocre", force est de constater une certaine "confusion des rôles et des compétences" entre la brigade touristique relevant de la wilaya et qui a pour mission, entre autres, le contrôle des professionnels du secteur (guides, chauffeurs de taxis, caléchiers...) et celle relevant des services de la sûreté nationale, dont le rôle est limité par la loi à la garantie de la sécurité des touristes et de leurs biens et à l’assainissement du secteur contre les faux guides et le phénomène de la mendicité, a-t-il expliqué.
Evoquant la question des guides non autorisés, M. Galiaty a fait savoir que ce phénomène a réapparu avec rigueur ces derniers temps malgré les efforts déployés par les autorités pour mettre fin à ce fléau, estimant qu’il est temps de doter la brigade touristique d’éléments compétents, de renforcer son effectif et de mettre à sa dispositions l’ensemble des moyens logistiques, à même de faciliter sa tâche pour s’acquitter de sa noble mission dans les meilleures conditions possibles. A ce propos, il a estimé nécessaire également de doter ces services d’un local décent susceptible de faire face aux besoins croissants des populations et correspondant parfaitement à l’essor que connaît la cite ocre, mettant en relief l’importance de la motivation et des moyens encourageants dans la réussite de toute opération menée dans ce sens. Un autre problème qui touche directement le secteur touristique, réside dans l’absence de toute couverture médicale ou sociale pour les guides touristiques, a-il poursuivi, faisant savoir que des efforts sont déployés actuellement par les autorités concernées afin de faire bénéficier cette catégorie professionnelle d’une assurance maladie obligatoire à partir de 2006.
D’autre part, M. Galiaty n’a pas manqué d’attitrer la sonnette d’alarme sur "l’anarchie et le grand désordre" que connaît le secteur du transport en commun dans la ville, notamment celui des taxis, relevant le caractère urgent de mener des actions concertées afin de réorganiser cette profession compte tenu de sa relation très étroite avec le secteur touristique.
Il a suggéré, dans ce sens, de trouver des postes- parking dotés de téléphones fixes et gérés par deux fonctionnaires de la mairie dont, l’un s’occupera du standard dudit poste et de satisfaire les besoins des hôtels en taxis, alors que le second veillera sur le contrôle des chauffeurs notamment, en termes d’habillement et de propreté. La sortie des taxis doit se faire a tour de rôle, a-t-il expliqué, ajoutant que cette procédure sera soumise au paiement par chaque chauffeur d’une petite taxe symbolique ce qui procurera à la mairie davantage de recettes.
Dans le même ordre d’idées, il a fait observer que tous les chauffeurs de taxis qui veulent travailler dans le secteur du tourisme doivent investir dans ce dernier via l’acquisition de voitures haute gamme "taxis de Tourisme", outre le fait qu’ils (chauffeurs) seront appelés à faire preuve de professionnalisme et de grandes compétences dans la mesure où tout un chacun d’eux doit maîtriser au moins deux langues et être titulaire d’un diplôme universitaire. D’autres mesures doivent être prises pour réorganiser la profession des caléchiers puisque ceux-ci seront appelés à faire part de grandes qualités humaines et être toujours présentables et habillés correctement à la manière traditionnelle, a-t-il expliqué, mettant l’accent sur la nécessité de doter l’ensemble de ces prestataires de service d’un même costume de travail pour donner à ce métier son caractère traditionnel et garder son charme. Au sujet des bazaristes, M. Galiaty a mis en relief l’importance du commerce des produits d’artisanat en tant que secteur complémentaire des plus importants pour l’activité touristique. "Malheureusement ce secteur se trouve handicapé par les agissements de certains commerçants peu scrupuleux", a-t-il dit.
A ce propos, il a souligné la nécessité de mettre fin au monopole exercé par certains éléments, de reconstruire la relation bazariste- guide sur plus de confiance et de transparence et surtout de doter les guides touristiques de plus de liberté dans l’exercice de leur profession, tout en les incitant à observer les règles déontologiques du métier. Les guides touristiques, notamment les groupeurs et les accompagnateurs sont appelés à respecter la profession et à accorder à l’aspect vestimentaire tout l’intérêt qu’il mérite, a-t-il précisé, estimant qu’il est temps pour les guides non affectés à Marrakech de rejoindre leurs zones d’activité et ce, conformément aux textes en vigueur.
M. Galiaty a, par ailleurs, exprimé le voeu de voir l’ancienne médina, où certains axes jugés importants dans les circuits touristiques organisés à l’intérieur de l’ancienne muraille de la ville, se transformer en passages piétons afin notamment, d’éviter les embouteillages, de diminuer le taux de pollution dans cette partie de la ville et d’offrir aux touristes plus de liberté lors de leurs visites des principaux sites historiques de la cité ocre.
Ces mesures une fois prises, ne peuvent que consolider la place de choix qu’occupe la ville de Marrakech parmi les destinations mondiales et surtout confirmer sa diversité touristique, culturelle et civilisationnelle, a-t-il souligné.

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.