Aller simple pour l'enfer irakien
Par Eric MARTIN, jeudi 1 décembre 2005 à 01:02 :: Articles :: #94 :: rss
Lors de sa visite éclair à Marrakech, le 20 novembre, Nicolas Sarkozy, le ministre français de l’Intérieur, qui était accompagné de Pierre Bousquet de Florian, le directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), a été « briefé » en détail par ses interlocuteurs marocains sur le démantèlement, une semaine plus tôt, du groupe Attawhid wal Jihad (« Unicité et guerre sainte »), dont dix-sept membres ont été arrêtés à Casablanca et à Rabat.
MAROC - 27 novembre 2005 -
La fonction de cette structure clandestine n’était pas de mener – au moins dans l’immédiat – des opérations terroristes au Maroc même, mais de recruter des volontaires pour l’Irak. C’est dans ce but que Mohamed Reha et Khalid Azig, deux émigrés marocains liés à la mouvance al-Qaïda (l’un résidait en Belgique, l’autre en Syrie et tous deux avaient fait un séjour en Irak en 2004) s’étaient introduits dans le royaume, il y a quelques mois. À leurs recrues, parmi lesquelles deux anciens détenus de Guantánamo en liberté provisoire depuis leur retour au Maroc (les « Afghans » Mohamed Mazoz et Brahim Benchekroun), les djihadistes expliquaient qu’elles allaient se rendre en Irak, via la Syrie, pour y subir une formation complète aux côtés des combattants d’Abou Moussab al-Zarqaoui.
Une fois ce « stage » terminé, les volontaires étaient censés revenir au Maroc pour y mettre en application ce qu’ils avaient appris – en l’occurrence : des attentats contre des cibles touristiques et des édifices publics –, l’objectif à moyen terme étant la création de maquis communs avec le GSPC algérien. Commentaire d’un responsable proche du dossier : « Le retour au pays servait d’appât ; en réalité, très peu d’entre eux avaient des chances de sortir vivants du piège irakien. Pour les gens d’al-Qaïda, le Maroc est un réservoir de martyrs. »

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