MAROC - 27 novembre 2005 -

La fonction de cette structure clandestine n’était pas de mener – au moins dans l’immédiat – des opérations terroristes au Maroc même, mais de recruter des volontaires pour l’Irak. C’est dans ce but que Mohamed Reha et Khalid Azig, deux émigrés marocains liés à la mouvance al-Qaïda (l’un résidait en Belgique, l’autre en Syrie et tous deux avaient fait un séjour en Irak en 2004) s’étaient introduits dans le royaume, il y a quelques mois. À leurs recrues, parmi lesquelles deux anciens détenus de Guantánamo en liberté provisoire depuis leur retour au Maroc (les « Afghans » Mohamed Mazoz et Brahim Benchekroun), les djihadistes expliquaient qu’elles allaient se rendre en Irak, via la Syrie, pour y subir une formation complète aux côtés des combattants d’Abou Moussab al-Zarqaoui.

Une fois ce « stage » terminé, les volontaires étaient censés revenir au Maroc pour y mettre en application ce qu’ils avaient appris – en l’occurrence : des attentats contre des cibles touristiques et des édifices publics –, l’objectif à moyen terme étant la création de maquis communs avec le GSPC algérien. Commentaire d’un responsable proche du dossier : « Le retour au pays servait d’appât ; en réalité, très peu d’entre eux avaient des chances de sortir vivants du piège irakien. Pour les gens d’al-Qaïda, le Maroc est un réservoir de martyrs. »