de notre confrère Libération (Casablanca)

2 Décembre 2005

Amina Salhi

Pour le professeur Houdaïfi Mohamed, professeur de pathologie aviaire à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II à Rabat, si le Maroc a été jusqu'à maintenant épargné, cela s'explique par le fait que les oiseaux migrateurs qu'il accueille actuellement arrivent de l'Europe de l'Ouest, une région non affectée par le virus de la grippe aviaire.

Cela dit, le risque n'est pas totalement évincé puisque après leur court séjour au Maroc, les oiseaux migrateurs vont à destination de l'Afrique centrale, une région où ces derniers peuvent être en contact avec d'autres oiseaux atteints et contracter le virus. Il faut suivre donc la trajectoire de ces oiseaux migrateurs et renforcer leur surveillance d'autant plus qu'à leur retour, ces mêmes oiseaux migrateurs s'arrêteront au Maroc durant les mois de février, mars et avril prochains. L'état d'alerte doit donc être maintenu afin de prévenir toute prolifération de la grippe en cas de son apparition.

Pour ce faire, le Pr. Houdaifi met l'accent sur la nécessité d'empêcher les oiseaux migrateurs d'entrer en contact avec la volaille. Si cela peut se faire pour le poulet industriel, cette consigne reste difficile à respecter lorsqu'il s'agit du poulet Beldi.

Pour rappel et conformément aux recommandations de la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale, le Maroc a élaboré un plan d'action national et des plans sectoriels en vue de lutter contre ce virus.

Selon le département de la Santé, toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour pouvoir détecter de manière précoce l'apparition de cas de grippe aviaire auprès des oiseaux migrateurs et des volailles et éviter sa propagation. Le Maroc qui se dit pUne menace sérieuse

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rès à faire face à tout revirement de situation, affirme suivre de près l'évolution épidémiologique mondiale visant à détecter le virus dans sa forme humaine.

Parallèlement à cela, le ministère de l'Agriculture a interdit l'importation de volailles et ses dérivés auprès des pays où la pandémie a été déclarée. Le Maroc a pris par la même occasion ses dispositions pour constituer un stock d'antiviraux, de masques et d'équipement de prévention. De la même manière qu'il s'est inscrit sur la liste des pays désirant se procurer le vaccin qui permet de lutter contre la forme humaine du virus. Un vaccin qui est actuellement en cours d'élaboration par pas moins de sept laboratoires internationaux.