Bilan-2005 - Le Maroc s'efforce de combattre l'immigration clandestine
Par Eric MARTIN, lundi 5 décembre 2005 à 12:42 :: Articles :: #111 :: rss
RABAT, 4 décembre (XINHUANET) -- A quelques kilomètres de l'Espagne, le Maroc, qui est devenu un pays de transit de l'émigration vers l'Europe, s'efforce de combattre l'immigration clandestine, en l'absence de l'aide du nord de la Méditerannée.
Le Maroc a mis en place une stratégie nationale migratoire pour endiguer le phénomène d'immigration clandestine, qui privilégie une démarche de proximité et de prévention.
Les efforts du Maroc en ce qui concerne la lutte contre les flux migratoires clandestins se sont soldés par une baisse de 40% des tentatives de pénétration aussi bien vers les Canaries que vers la péninsule Ibérique. "Toutes les actions entreprises par le Maroc en matière de lutte contre l'immigration clandestine ont été financées grâce à ses propres moyens sans aucune aide étrangère. Nous n'avons même pas reçu un euro de l'Union européenne (UE) durant les dix dernières années pour la lutte contre les mafias de l'immigration clandestine", a indiqué le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, Fassi Fihri.
Au cours des dix premiers mois de cette année, 380 réseaux actifs en matière d'immigration clandestine ont été démantelés par les services de sécurité marocains, grâce à une collaboration étroite avec les autorités espagnoles, outre le rapatriement d'environ 3 600 clandestins originaires des pays de l'Afrique subsaharienne à travers 22 vols financés par le Maroc. Cette opération qui porte également sur l'hébergement des clandestins et leurs soins dans le cadre des efforts visant la préservation de la dignité humaine, a coûté au Maroc environ 100 millions d'euros.
Par ailleurs, dans le cadre de l'immigration clandestine en Espagne, la filière marocaine représente seulement 5% du total et dans ce chiffre seuls 2% des migrations clandestines peuvent être attribués à des sujets marocains.
Le Maroc fait tout son possible pour résoudre le problème des flux des émigrants clandestins, a affirmé le 10 novembre dernier le président de la commission des Nations Unies sur la Science et la Technologie pour le développement, Pedro Sebastiao Teta. "Il ne faut donc pas l'accuser, car la responsabilité est partagée", a-t- il souligné.
Les derniers événements de l'assaut des clôtures de Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles dans le nord marocain, par des Subsahariens, ont entraîné accusations et critiques contre le Maroc. C'est ce pays qui se trouve tout seul face à un problème humanitaire de grande ampleur et son image est sérieusement ternie. Le Maroc est accusé à tort et à travers par les organisations humanitaires pour sa gestion maladroite de l'immigration clandestine.
L'immigration clandestine à travers la Méditerranée ne peut être le problème du Maroc seul, ni un problème maroco-espagnol, ni un problème africain, mais un problème régional. L'aide de l'UE est "nécessaire" pour soutenir la lutte maroco-espagnole contre l'immigration clandestine, a déclaré le 26 octobre dernier le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, qui a également appelé au renforcement de la solidarité avec les pays de transit de migrants comme le Maroc, un pays aux capacités très limitées en comparaison avec les sociétés développées de l'UE.
La responsabilité de combattre l'immigration clandestine est partagée tant par les pays émetteurs, de transit que d'accueil, a affirmé Mme Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne chargée des Relations extérieures et de la politique européenne de voisinage. "C'est une responsabilité partagée" entre, d'une part, le Maroc et les autres pays de la région du Maghreb et du sud du Sahara et, d'autre part, entre l'Espagne et l'ensemble des pays de l'Union européenne (UE), a précisé Mme Ferrero-Waldner. S'agissant des 40 millions d'euros prévus par l'UE pour aider le Maroc à lutter contre les migrations clandestines, la partie européenne a précisé que le déblocage de ces fonds a subi un certain retard technique.
Le président de la Chambre des Représentants du parlement marocain, Abdelouahed Radi, a affirmé qu'il faut "s'attaquer aux sources de l'immigration illégale, en premier lieu à travers l'éradication de la pauvreté, du chômage et la garantie du développement pourvoyeur de postes d'emplois dans les pays d'origine". Le dialogue entre l'UE, les pays du Maghreb et les pays subsahariens est indispensable pour parvenir aux meilleurs moyens de traiter l'immigration clandestine dans le cadre d'une approche globale, qui dépasse l'approche sécuritaire étriquée, pour aller vers une approche qui approfondit le partenariat pour le développement et la prospérité partagée, a-t-il souligné.
Le sommet Euromed de Barcelone, qui s'est déroulé les 27 et 28 novembre derniers, a adopté un partenariat euro-méditerranéen dans la lutte contre l'immigration clandestine, et a décidé d'organiser une conférence ministérielle euro-africaine sur l'émigration, qui devrait être organisée le printemps prochain au Maroc, réunissant les pays concernés, d'origine, de transit et de destination, dans le but de dégager une approche commune et d'envisager des solutions appropriées et novatrices pour cette immigration clandestine.
L'immigration n'est, en fait, ni un choix libre des Africains, ni la faute d'une Afrique pauvre, mais l'une des tragiques conséquences de l'histoire humaine et de l'injustice de l'ordre économique mondial envers les pays du Sud.
Réduire les écarts du développement entre le nord et le sud de la Méditerranée constitue notamment un défi décisif et urgent, a souligné le gouvernement marocain, qui prône toujours une approche globale du phénomène de l'immigration. Fin

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