Il s'agit d'un Club touristique et hôtelier baptisé "Club Tamesloht Resort", qui coûtera 1,5 milliard de DH cofinancés par les deux groupes et qui sera réalisé en deux phases par le groupe russe, sur une superficie globale de plus de 280 ha.

La conception de ce complexe hôtelier, dont la réalisation sera confiée, selon ses promoteurs, aux plus grands spécialistes mondiaux dans les domaines de l'architecture, du golf, de la décoration et des paysages, se base, ajoutent-ils, sur le regroupement dans une même enceinte de tout ce dont un résident vacancier puisse avoir besoin, en plus de l'hôtel : les restaurants, les activités sportives, le centre commercial…

Dans un premier temps, ce projet donnera lieu, en l'espace de 36 mois, à un palace de 200 suites, un hôtel 4 étoiles d'une capacité de 300 chambres, un centre de conférences, un centre de remise en forme, deux terrains de golf de 18 trous, un club house, un club équestre, un club de 24 cours de tennis et deux piscines.

La deuxième phase du projet, qui sera réalisée en 24 mois, permettra d'étendre la capacité dudit palace de 200 à 300 suites, de construire un second hôtel de 350 chambres et d'une résidence d'une vingtaine d'appartements autour des deux terrains de golf.

Par ailleurs, ce projet constitue une première au Maroc. En effet, selon l'administrateur directeur général de "Metropol Invest", Gabriel Banon, il s'agit du premier projet russo-américain à voir le jour dans le Royaume et dans un pays arabe. Intervenant lors d'un point de presse tenu vendredi après-midi à Marrakech, pour la présentation des grandes lignes de ce projet, M. Banon a ajouté, selon une dépêche de l'agence MAP, que ce projet s'inscrit dans le cadre d'une politique volontariste de la Russie de voir ses firmes investir dans les pays arabes.

Celui-ci, précise-t-il, donnera lieu à la création de 1.100 emplois directs et de 3.000 autres indirects, qui seront affectés en priorité aux habitants du village de Tamesloht, situé à environ 10 km du site du projet, qui seront recrutés et formés dans les domaines de l'hôtellerie et des activités annexes.

En ce qui concerne la clientèle, cet ensemble hôtelier ciblera essentiellement les touristes américains et russes, ce qui permettra au Maroc, selon M. Banon, d'accéder à de nouveaux marchés, rappelant que d'après les dernières statistiques, les touristes russes figuraient en tête des dépensiers au monde dans le domaine du tourisme. En 2004, près de 12.000 touristes russes ont visité le Maroc.

Il est à noter à ce sujet qu'on a procédé à la suppression officielle, le 13 juillet dernier, des visas pour les ressortissants russes.

Prenant également part à cette conférence de presse, l'ambassadeur de Russie à Rabat, Alexandre Tokovinine, a estimé que cet investissement permettra de renforcer les relations existantes entre les deux pays. Il a rappelé à cette occasion les efforts déployés actuellement pour la création d'une ligne aérienne directe et régulière liant les villes de Marrakech et de Moscou.

En outre, il est à rappeler que cet investissement était en projet depuis longtemps, avec des visites des responsables des deux sociétés au Royaume.

Ainsi, une délégation menée par Gabriel Banon, conseiller auprès du Conseil de sécurité économique de la Fédération de la Russie et Alexander Udaltsov, président de Metropol IFC, s'est rendue au Maroc du 12 au 18 juillet dernier.

Rappelons que Gabriel Banon, qui était auparavant le conseiller de nombreux chefs d'Etat, notamment l'ancien Président palestinien, le défunt Yasser Arafat, est nommé à son actuel poste pour promouvoir les relations économiques entre la Russie et les pays arabes d'une part, et les Etats-Unis d'autre part.

De même, Carl Sax, le vice-président du groupe d'investissement américain Strategic Partners Limited (Etats-Unis) s'est rendu cette année au Maroc pour finaliser l'augmentation du capital de sa filiale marocaine Tamesloht Partners Maroc de 1 à 50 millions de dirhams. Cette recapitalisation vient en préambule à la signature d'une convention avec l'Etat marocain relative à la réalisation de ce complexe touristique.



Lahcen Oudoud | LE MATIN