Intervenant à cette occasion, le ministre de la Culture, M. Mohammed Achâari, a indiqué que Mme. Joudia-Hassar Benslimane a accompagné, 30 ans durant, le développement de la recherche archéologique au Maroc, estimant que le travail considérable abattu par cette chercheuse s'est traduit par "une progression significative du nombre de programmes de fouilles, de prospections et d'études". Fruit de programmes nationaux ou réalisés en coopération avec les institutions universitaires de pays amis, "Son ¦uvre et ses recherches sont aujourd'hui mondialement reconnues", a-t-il soutenu. Ces acquis constituent, selon le ministre, en plus de leur valeur culturelle et identitaire, "des potentialités précieuses pour le développement social et économique des localités environnantes, des régions et du pays dans sa totalité". Passionnée par l'histoire et par l'art, Mme Hassar-Benslimane est l'une des premières spécialistes marocaines en histoire et en archéologie. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages et articles traitant à la fois de l'histoire, de l'architecture et de l'archéologie, et plus spécifiquement de l'archéologie islamique, a fait valoir M. Achâari. Cette cérémonie d'hommage, qui a connu la participation de plusieurs personnalités du monde diplomatique, de la science, l'art et la culture, a été ponctuée par des témoignages de chercheurs et universitaires marocains et étrangers dont Mme Naïma El Khatib Boujibar et MM. André Debénath, René Rebuffat, Abdelaziz Touri et Jorge Onrubia Pintado. Dès sa désignation à la tête du Service de l'Archéologie en 1975, Mme Hassar-Benslimane s'est assignée comme objectif principal la mise en place de bases et de structures nécessaires à la bonne gestion et au développement de la recherche archéologique au Maroc. Elle a grandement contribué à définir le cadre approprié en matière de coopération et d'échanges scientifiques avec les institutions étrangères et à réunir les conditions propices à la formation de chercheurs marocains (ouverture de chantiers-écoles et octroi de bourses d'études). Fondatrice et directrice de l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine depuis sa création en 1986, Mme. Hassar-Benslimane a su redonner une nouvelle dynamique à la recherche archéologique et patrimoniale au Maroc et faire de l'INSAP une institution scientifique de prestige et de renommée internationale. L'Institut est désormais insérée dans les réseaux archéologiques et patrimoniaux à l'échelle mondiale. Elle a, par ailleurs, veillé à la formation de plus de 200 jeunes spécialistes dans les différents domaines de l'archéologie et du patrimoine, qui peuvent aujourd'hui contribuer activement à l'étude, à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine archéologique et culturel national. Cet hommage a été aussi l'occasion de dresser un bilan des trente dernières années de recherches archéologiques au Maroc à la faveur d'un colloque intitulé "Trente années d'archéologie marocaine", lequel contribuera à enrichir le débat sur les problématiques et les approches de l'archéologie, à apprécier les efforts consentis et les résultats obtenus et à poser les jalons de nouvelles perspectives de recherche. Le colloque, qui se tient les 9 et 10 décembre au musée des Oudayas, réunit d'éminents professeurs et spécialistes venus de pays des quatre coins du monde, dont beaucoup consacrent leur carrière scientifique à l'archéologie marocaine. Les travaux de ce colloque international s'articulent autour de trois thèmes : "Préhistoire", "Archéologie préislamique" et "Archéologie islamique". (MAP)