Le «Moussem de Tan-Tan», patrimoine universel immatériel
Par Eric MARTIN, mercredi 14 décembre 2005 à 16:03 :: Articles :: #173 :: rss

Al'issue de la réunion du jury d'experts internationaux, qui s'est déroulée du 20 au 24 novembre au siège de l'UNESCO, le «Moussem de Tan-Tan a été proclamé Patrimoine universel immatériel». Cet événement rentre dans le cadre de la 3e session de proclamation des chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel ayant commencé à être classés à partir de l'année 2001, sachant qu'avant cette date, l'UNESCO s'occupait uniquement du produit matériel.
Ce qui a permis à plusieurs monuments d'être classés Patrimoine mondial comme la Médina de Fès (1981), la Médina de Marrakech (1985), Ksar d'Aît Ben Haddou (1987), la ville historique de Meknès (1996), le site archéologique de Volubilis (1997), la Médina de Tétouan (1997) et la Médina d'Essaouira (2001).
« L'UNESCO est une organisation internationale qui s'intéresse à tout ce qui relève de l'Histoire en classant certains sites dans le monde en tant que patrimoine universel. Durant des années, cette institution s'est intéressée, en général, au patrimoine matériel. Ainsi, plusieurs monuments historiques ont bénéficié du choix de l'UNESCO et furent classés. Depuis l'année 2001, l'UNESCO a décidé de prolonger sa liste à des produits immatériaux, d'expression orale, de danses folkloriques et autres.
Les premiers privilégiés inscrits dans cette catégorie furent la place Jamaâ Lafna dans le premier groupe, faisant partie des dix-neuf lieux répertoriés dans le monde et le Moussem de Tan-Tan dans la troisième phase en 2005, privilégiant sa richesse traditionnelle quant aux us et coutumes des habitants du Sahara», a précisé M. Abdeljalil Hajraoui, directeur du Patrimoine auprès du ministère de la Culture.
Ce choix du « Moussem de Tan-Tan» est un honneur pour le Maroc et explique une fois de plus la richesse du legs ancestral que possède notre pays, que ce soit sur le plan monumental, oral ou gestuel.
L'UNESCO ayant constaté l'importance du patrimoine immatériel, qui a également besoin d'être conservé et sauvegardé, a trouvé nécessaire de contribuer à cela en concertation avec les pays concernés. D'où la proclamation de tous les chefs-d'œuvre existant dans le monde. «C'est une proclamation et non une convention, puisque nous attendons que le dossier soit entériné par 30 pays. Nous sommes actuellement arrivés à 26. Le dossier du Maroc a déjà été entériné au Parlement et sera déposé pour la signature future de la convention, sachant que notre pays est l'un des fondateurs et défenseurs du patrimoine immatériel», a souligné M. Hajraoui.
43 nouveaux chefs-d'œuvre Voici la liste des 43 nouveaux chefs -d'œuvre inscrits vendredi au patrimoine immatériel de l'UNESCO, distinguant notamment le Ramlila, la représentation traditionnelle du Ramayana (Inde), le Kabuki (Japon), la mascarade des Makishi (Zambie) et la Samba de Roda (Brésil) : 1. L'isopolyphonie populaire albanaise (Albanie), 2. L'Ahellil du Gourara (Algérie), 3. La musique duduk (Arménie), 4. Les chants des Baul (Bangladesh) 5. Géants et dragons processionnels de Belgique et de France, 6. La danse des masques des tambours de Drametse (Bhoutan), 7. La Samba de Roda de Reconcavo de Bahia (Brésil), 8.
Les Babi de Bistritsa (Grands-mères de Bistritsa) - polyphonie, danses et pratiques rituelles archaïques de la région de Shoplouk (Bulgarie), 9. Le Sbek Thom, théâtre d'ombres khmère (Cambodge), 10. L'art du Muqam ouïgour du Xinjiang (Chine), 11. L'espace culturel du Palenque de San Basilio (Colombie), 12. Les traditions pastorales et des chars à bœufs au Costa Rica (Costa Rica), 13. Slovacko Verbunk, la danse des conscrits (République tchèque), 14. La tradition du théâtre dansé cocolo (République dominicaine), 15. Le ballet Rabinal Achi (Guatemala), 16. Ramlila, la représentation traditionnelle du Ramayana (Inde), 17.
Le Kris indonésien (Indonésie), 18. Le chant A Tenore de la culture pastoral sarde (Italie), 19. Le Kabuki (Japon), 20. L'espace culturel des Bedu de Petra et Wadi Rum (Jordanie), 21. Le Vimbuza, danse de guérison (Malawi), 22. Le Gule Wamkulu (Malawi, Mozambique et Zambie), 23. Le Mak Yong (Malaisie), 24. L'espace culturel du yaaral et du degal (Mali) , 25. Urtiin Duu, chants longs traditionnels populaires mongols (Mongolie et Chine), 26. Le Moussem de Tan-Tan (Maroc), 27. Le Chopi Timbila (Mozambique), 28. El Gueguense (Nicaragua) , 29.
Le système de divination Ifa au Nigeria (Nigeria), 30. Le Hikaye palestinien (Palestine), 31. Taquile et son art textile (Pérou), 32. L'épopée Darangen du peuple Maranao du lac Lanao (Philippines), 33. Le festival Gangneung Danoje (République de Corée) , 34. Le Calus (Roumanie), 35. L'épopée héroïque iakoute - Olonkho (Fédération de Russie) , 36. Le Kankurang, ou rite d'initiation en société mandingue (Sénégal et Gambie), 37. Le Fujara et sa musique (Slovaquie), 38. La Patum de Berga (Espagne), 39. La cérémonie Mevlevi Sema (Turquie), 40.
La fabrication des tissus d'écorce en Ouganda (Ouganda), 41. L'espace de la culture des Gongs des hauts plateaux du centre du Vietnam (Vietnam), 42. La mascarade des Makishi (Zambie), 43. La danse Mbende-Jerusarema (Zimbabwe).
Ouafaâ Bennani

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