Tout au long de cette semaine, ce sera la ruée vers la vaccination de tous les oiseaux des parcs zoologiques ainsi que de ceux des élevages d¹oiseaux non confinables (autruches, outardes, faucons, canards, etc.) Le Comité interministériel de gestion de crise (CICG) chargé du contrôle du virus de l¹influenza aviaire a lancé cette campagne de vaccination samedi dernier. Il est vrai que ledit comité se veut rassurant et a déclaré qu¹«à l¹heure actuelle, il n¹y a pas d¹épizootie connue et qu¹il n¹y a pas de cas humains dus au nouveau virus». Cependant la vigilance reste de mise pour se prémunir contre cette menace mondiale. C¹est dans cette visée que le Royaume a pris une série de mesures visant la protection des élevages de volaille d¹une éventuelle introduction de ce virus grippal. Ainsi, le Maroc figure parmi une vingtaine de pays qui ont décrété un embargo total ou partiel sur les volailles ou le foie gras français. En fait, la France est le seul pays de l¹Union Européenne où un élevage industriel a été touché la semaine dernière par le virus. De même, le Maroc a procédé à l¹obligation de confinement de la volaille de type beldi (poulet, dinde...) dans un périmètre de 3 km autour d¹une cinquantaine de sites proches des zones humides, en vue de la protéger de tout contact avec des oiseaux sauvages ou migrateurs. Chaque service vétérinaire a été doté de GPS (Global positioning system) et pour étoffer les capacités d¹analyses des laboratoires nationaux, le comité d¹approvisionnement a commandé deux appareils «PCR, en temps réel», qui permettent de réduire considérablement la durée du temps des analyses. Grâce à ces appareils spéciaux, qui seront livrés à partir d¹aujourd¹hui et demain, les résultats des analyses des prélèvements sur les cadavres d¹oiseaux seront connus dans les 6 heures au lieu de 36 heures auparavant, selon le comité. Ce matériel pourra être utilisé aussi bien en phase de surveillance de l¹épizootie qu¹en cas d¹apparition éventuelle d¹un foyer de la maladie pour déterminer avec précision les coordonnées géographiques du site concerné par l¹action des services qui interviennent. Le niveau de vigilance reste ainsi extrême au Maroc, rappelle le comité. Cependant il doit l¹être encore plus, surtout face à la menace qui guette le pays avec les migrations d¹octobre du fait que le Royaume se situe sur «un axe très important de migration» des oiseaux ! Par ailleurs, le virus H5N1 de la grippe aviaire a touché pour la première fois le Niger, troisième pays africain contaminé, et la Bosnie et la forme virulente du virus confirmée chez des oiseaux sauvages. Au Niger, plusieurs cas de H5N1 ont été confirmés officiellement.

Meyssoune Belmaâza

La grippe aviaire : Réponses aux questions les plus fréquemment posées Sciences - mercredi 1er mars 2006.



Qu’appelle -t-on la grippe aviaire ? La grippe aviaire, ou grippe du poulet, est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae qui comprend plusieurs genres (ou types) dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité élevée dans ces espèces. Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères. On parle d’épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.

Comment se transmet le virus chez les animaux ? Le virus se transmet essentiellement par contamination aérienne (secrétions respiratoires) soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.

Comment reconnaître la maladie dans un élevage de volailles ? Après une période d’incubation de 3 à 5 jours, les signes suivants peuvent apparaître : diminution de l’appétit, réduction considérable de la production d’œufs, puis évolution vers une mort subite des volailles (la mortalité peut atteindre de 90 à 100 %).

Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez les animaux ? Des tests à visée diagnostique existent ; ils permettent d’identifier le virus grippal sans pouvoir en préciser le type.

Le virus influenza aviaire est-il transmissible de l’animal à l’homme ? Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme. Le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie confirme l’existence de plusieurs cas de transmission de ce type. Un phénomène semblable de transmission d’un virus aviaire à l’homme a été observé en Chine en 1997 (« grippe du poulet à HongKong ») avec un virus A (H5/N1) et aux Pays-Bas au printemps 2003 avec un virus A (H7/N7). La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).

Quelles sont les populations les plus exposées au risque d’infection par le virus aviaire dans les pays affectés ? Les personnes les plus exposées sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :

 les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages, 
 les techniciens de coopératives et les vétérinaires, 
 les techniciens et vétérinaires des services, 
 les équipes de dépeuplement (personnels qui collectent les volailles vivantes avant euthanasie ou mortes après l’euthanasie, et les carcasses), 
 les équipes d’euthanasie qui manipule le matériel spécifique, 
 les équipes de nettoyage et de désinfection, 
 les équipes d’intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs), 
 et le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.

Le Virus influenza aviaire est-il transmissible d’homme à homme ? Une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste exceptionnelle (3 cas intra-familiaux documentés aux Pays-Bas au printemps 2003 avec le virus A (H7/N7)). Selon l’OMS, à la date du 05 août 2005, il n’existe pas de preuve d’une transmission inter humaine significative en Asie.

Qu’est-ce qu’un réassortiment ? Quel est le risque chez l’homme d’une telle évolution ? Une transmission du virus aviaire à l’homme, possible mais exceptionnelle, risque de favoriser, chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine, des échanges de matériel génétique entre ces deux virus. Un tel réassortiment génétique peut engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait la transmission inter humaine de ce nouveau type de virus avec un risque d’épidémie voire de pandémie, comme cela s’est vu dans le passé.

Quels sont les signes cliniques de la maladie chez l’homme ? Après une durée d’incubation pouvant aller jusqu’à sept jours selon l’OMS, la maladie se présente d’abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38°C associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux), mais elle s’aggrave rapidement du fait de troubles respiratoires sévères.

Existe-t-il des tests de diagnostic rapide de la maladie chez l’homme ? Il existe des tests de diagnostic rapide de grippe qui permettent simplement de confirmer ou non l’existence du virus grippal sans en préciser le type.

Existe-t-il un vaccin chez l’homme ? Quand sera-t-il disponible ? Le vaccin contre la grippe humaine saisonnière qui est élaboré chaque année, ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire. Le vaccin dirigé contre le virus H5N1 actuellement observé en Asie (appelé vaccin pré-pandémique) pourrait être utilisé pour vacciner d’une part les professionnels de santé qui traiteraient les personnes malades en provenance d’Asie, d’autre part les professionnels en contact avec un élevage français touché par le virus actuellement en circulation en Asie. En cas de pandémie, ce vaccin ne serait efficace que si le nouveau virus est proche du virus pré-pandémique actuellement connu (H5/N1). Un vaccin efficace ne pourra être fabriqué que lorsque la souche du virus responsable de la pandémie sera connue et isolée. Le délai de fabrication serait de plusieurs mois à partir du début de la pandémie.

Existe-t-il un traitement préventif efficace chez l’homme ? Il n’y a pas de traitement préventif contre la grippe aviaire ; néanmoins, dans certaines circonstances particulières, un traitement anti-viral post-exposition par oseltamivir (Tamiflu®) pourrait être proposé. Les autorités sanitaires préparent un plan d’utilisation de ces médicaments.

Existe-t-il un traitement curatif efficace chez l’homme ? Le traitement est avant tout symptomatique. Des traitement anti-viraux, oseltamivir (Tamiflu®), permettent d’atténuer les symptômes et les complications de la maladie. Il n’est efficace que s’il est administré dans les 48 heures après le début des symptômes. Les autorités sanitaires préparent un plan d’utilisation de ces médicaments. Les antibiotiques, inactifs sur les virus, ne sont utilisés qu’en cas de surinfection bactérienne.

  • L’hémagglutinine (HA) est une glycoprotéine antigénique présente à la surface du virus de la grippe, et est responsable de la fixation de la particule virale à un récepteur situé sur la cellule cible.
  • Neuraminidase :Une enzyme qui catalyse l’hydrolyse des résidus acylneuraminic terminaux des oligosaccharides, des glycoprotéines, et des glycolipides. C’est présent comme antigène extérieur dans les myxovirus.

Source : www.sante.gouv.fr/