Maroc: Les sacs en plastique, une véritable hécatombe !
Par Eric MARTIN, dimanche 28 janvier 2007 à 11:19 :: Articles :: #391 :: rss

Quand on utilise un sac en plastique qu'il soit noir, blanc ou d'autres couleurs, le geste peut paraître insignifiant. Mais ses conséquences sont lourdes. Le consommateur ne se doutera jamais que ces sacs achetés à quelques centimes ou proposés à tord et à travers par les marchands, peuvent prendre jusqu'à 400 ans à se biodégrader. Qu'après avoir été emportés par le vent, plusieurs se retrouvent dans nos fleuves, puis en haute mer où ils flottent pendant des années. Que des centaines de milliers de poissons, tortues, oiseaux et mammifères marins les avalent et en meurent chaque année. Qu'ils représentent la plus grande partie des déchets trouvés au fond de la mer (entre 60 à 95 % des déchets observés selon les sites). Que sur nos champs arides, ils atterrissent sur les herbes sauvages et s'y collent en étouffant les récoltes. Qu'ils sont avalés par des moutons ou des vaches qui en meurent en quelques heures.
par Nadia Ziane
La disparition des sacs en plastique est un acte clé dans le domaine environnemental où il est vital d'éveiller les consciences.
Le principal acteur de cette hétacombe, ce sont les sacs en plastique. Ceux-là mêmes qui sont fabriqués en une seconde, utilisés en moyenne par les consommateurs durant 20 minutes puis abandonnés dans la nature, c'est-à -dire nos champs, nos forêts, nos lacs, nos montagnes et nos océans. A cela s'ajoute le fait que les sacs en plastique sont la matière première non renouvelable : le pétrole, malgré la déplétion annoncée, pour une utilisation fugace.
Etant que les sacs en plastique non biodégradable représentent une source de pollution persistante et omniprésente, un danger pour l'environnement en général et la faune marine en particulier et un gaspillage injustifiable de ressources, de nombreux pays européens ont voté leur interdiction. La France, à titre d'exemple n'utilisera plus de sacs et emballages en plastique non biodégradable à compter de 2010.
Au Maroc, la décision entreprise par le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Eau et de l'Environnement, a été approuvée par l'ensemble des parties concernées. Le ministère de l'aménagement du territoire, de l'Eau et de l'Environnement, le ministère de la Santé et le ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, ont signé cet accord qui vise à définir les conditions de fabrication et d'utilisation des films alimentaires, dans l'objectif de protéger le consommateur et l'environnement.
Par ailleurs, le ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Eau et de l'Environnement, Mohamed Elyazghi, a annoncé l'amorce d'une étude relative aux méfaits des sacs en plastique sur l'environnement. Réalisée en collaboration avec l'Agence américaine pour la coopération internationale (USAID), elle vise à réunir les données et informations relatives aux matières premières utilisées actuellement au Maroc pour la fabrication de ce genre de plastique et étudier leur impact sur l'environnement. Cette étude a également pour objectif d'examiner la possibilité de recycler les matières plastiques au niveau national, les mesures à prendre pour aboutir aux résultats escomptés et proposer une transformation des méthodes de fabrication existantes afin d'obtenir des matières facilement biodégradables et non nuisibles pour l'environnement.
Le but étant de proposer une série de solutions pour améliorer la gestion des sacs en plastique notamment la création d'une structure chargée d'unifier les efforts visant à mettre fin aux effets néfastes de ces produits et définir les normes de qualité en rapport avec le poids et les matières utilisées dans leur fabrication. Par ailleurs, la population sera impliquée dans l'opération de tri sélectif consistant à séparer les sachets en plastique des autres déchets.
Les nuisances des sacs en plastique touchent autant à l'économie, à l'environnement qu'à la santé. La combustion des matières fermentescibles contenues dans les sacs en plastique, entraîne la production de dioxines (résidus classés cancérigènes par l'Organisation Mondiale de la Santé). Jetés sur la voie publique, ce qui est malheureusement une pratique des plus naturelles chez nous, ils bloquent les canaux de drainage et offrent aux moustiques le terrain favorable encourageant ainsi la prolifération des maladies. Alors, quand vous utilisez maladroitement un sac en plastique, n'oubliez pas que vous participez à tous ces maux.

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